VANILLE POUBELLE

de Stéphanie Marchais
mise en scène Marion Bosgiraud

Pièce de théâtre jeune public Vanille Poubelle

Tadé est un enfanfer, il trie les poubelles toute la journée pour trouver des métaux, pour la méchante Mam’O Foué. Un jour, il trouve une gousse de vanille. Au milieu des poubelles, un Ver Luisant lui conseille de trouver le plus bel endroit du monde pour planter sa graine et de retrouver sa grand-mère, Mémé carré-petite.

Pendant que la nuit tombe, Tadé commence son voyage. En chemin, il rencontre le Roi Seulomonde, qui provoque des tempêtes lorsqu’il éternue. Mr Bernard, un crustacé expulsé de sa maison. Priscille, une jeune fille qui s’envole en battant des cils.

Tadé, Priscille et Mr Bernard arpentent le paradis en haut de la pile de déchets et le royaume sous la Terre. Ensemble, ils recherchent le plus bel endroit du monde, là on l’on se sent bien, pour planter une graine et redonner à la vie un goût de vanille.

avec Nina Ballester, Léa Rivière-Ferandez, Tullio Cipriano
création musicale Marion Bosgiraud, Caroline Dumontier
scénographie Marion Bosgiraud, Ariane Chapelet
lumières Mikael Gauluet

Il était une fois deux enfants au milieu d’une décharge. Le nez dans les poubelles. Les mains pleines de conserves. Ils oublient de rêver à un monde où la mauvaise herbe ne ressemble pas à une mitraillette. Un jour de tri comme les autres, ils trouvent une gousse de vanille dans une poubelle. Alors le merveilleux surgit. Il est temps de jouer. Tadé saute d’un fût et comme par magie, des personnages jaillissent. L’utopie dans les narines, il fuit la misère. La malle de son imaginaire est ouverte : s’en suivent des aventures épiques. L’épopée de Vanille Poubelle commence : la quête du plus bel endroit du monde pour planter une cosse de vanille. Stéphanie Marchais nous murmure qu’il faut rêver et ne jamais cesser de voir le plus bel endroit du monde à l’horizon. Elle souligne le pouvoir de l’imagination comme moteur de vie, comme moteur d’espoir. L’imagination est une sève pour que les rêves ne tarissent pas. Adultes comme enfants, nous avons parfois besoin de cette piqûre de croyance.

En tant que comédienne, j’ai besoin quotidiennement de cette piqûre de croyance. J’ai découvert Vanille Poubelle en déambulant dans une librairie, zieutant les têtes de gondole et les livres nouveaux. Parmi toutes ces couvertures, c’est le titre de la pièce qui a attiré mon regard, « ces mots mitoyens n’ont rien à faire l’un avec l’autre »,
pensai-je ! Toute la pièce, à l’image de son titre, est un oxymore. Ce qui me touche dans Vanille Poubelle, c’est le beau et le laid main dans la main. Au milieu d’un tas d’ordures se cache une gousse de vanille ; le paradis a des airs de désert ; la mort est une fête où l’on joue aux cartes. A chaque page, le merveilleux surgit et repousse le terrible.

Et la nature surgit. La quête de Tadé est une petite révolution écologique. Le temps du fer n’existe plus. L’arbre surgit d’une poubelle. La mer de ferraille se fond en eau. La guerre laisse place à des fruits ronds merveilleux. La prose pour enfant de Stéphanie Marchais est truffée de symboles, d’humour, de musique et de métaphores. La laideur dans laquelle ces enfants naissent est poétisée par son encre. Il faut, pour conter aux enfants l’affreuse vérité, leur parler avec un langage imagé. C’est, selon moi, ce que réalise l’auteure avec beaucoup de délicatesse.

C’est cette délicatesse prosaïque qui lui permet de dépeindre des gamins issus de l’horreur. C’est la quête d’un gosse qui migre vers la paix, d’une gamine qui a tout perdu pendant une guerre, d’un SDF. Leur enfance est sordide. Leur quête est grande, belle. J’aime que nous donnions à voir à nos enfants nimbés de paix les histoires de ces enfants nés entre les coups de feu.

Je souhaite dévoiler ces enfances abîmées.
Ce combat pour cicatriser. Pour continuer.
Ce glissement du fer au vert.
Je souhaite infuser du rêve dans toutes les cervelles des petits et des grands. Nous solliciterons votre odorat, public ! L’odeur des trésors de Tadé, la vanille et le poivre, planeront autour de vos narines, tel un post-it olfactif qui permet de ne jamais oublier de rêver.