LES AVENTURES
DE NATHALIE NICOLE NICOLE

de Marion Aubert
Mise en scène Manon Simier

Les aventures de Nicole Nicole (Marion Aubert)

avec Sabine Bruschet, François Chary, Gabriel Chauvet-Peillex, Alice Stern, Marc Stojanovic, Hugo Tejero

CLEO

Est-ce que tu crois
qu’on m’y emmènera au pays un jour ?
Au pays où les enfants n’ont plus de langue
parce qu’ils ont trop parlé ?

Synopsis

Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole retracent les péripéties d’une petite fille « mi-ange mi-monstre », Nathalie, accompagnée de ses copains de classe, Michel Chef Chef, son terrible amoureux et Cléo, la petite fille moche de la classe.
A Poujols, les enfants et les adultes se rejoignent dans la cruauté, une cruauté proche de celle des enfants, semblable à celle des adultes, mais décuplée par beaucoup d’imagination. Ici, les enfants ne font pas tranquillement leurs devoirs, ils se rebellent contre la maîtresse, ils ne jouent tranquillement dans leurs chambres mais s’imaginent à la tête d’un royaume d’enfants fous.
Avec un humour décapant, Marion Aubert mêle imagination et réalité ; cauchemars et rêves ; enfer et paradis. L’enfance et sa poésie, questionnent notre monde d’adulte . Et si finalement nous continuions toute la vie nos jeux d’enfant ?

Note d’intention

Lire Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole, c’est avoir une image,une sensation, une idée qui nous traversent à la seconde. Avec Marion Aubert, on plonge dans une écriture de tous les possibles, de la fantaisie illimité, de la création sans borne ; le ludisme y est roi, l’humour y est décapant !

A la fois percutante et percussive, l’écriture de Marion Aubert  nous embarque dans un tourbillon des passions où la violence et la cruauté sont maitresses. A Poujols, les enfants et les adultes se rejoignent dans la cruauté, une cruauté proche de celle des enfants, semblable à celle des adultes, mais multipliée par le manque de limites morales et par beaucoup d’imagination. En effet, personne ne semble être épargné ni ne mesure ce qu’il dit, la cruauté devient monnaie courante. Les mots deviennent des bombes, des couteaux, des fusils d’assaut qui explosent, entaillent et perforent.

C’est ce qui  m’a fasciné dans l’écriture de Marion Aubert : sa générosité, son humour à toute épreuve et son impitoyabilité.  Elle ne se borne pas à montrer l’enfance, elle en dissèque chaque cellule, chaque organe et va au plus profond de ses entrailles. Les personnages bien que monstrueux sont profondément humains, infiniment proches de nous et font ressortir de ce qu’il y a de mieux et de pire en chacun de nous.  L’innocence de l’enfance et sa fantaisie permettent de faire surgir des personnages « hors norme », « hors catégorie » qui sont pourtant d’une sincérité absolue. Ils sont chacun animés par des désirs, des frustrations, des jalousies, des émotions fortes dans lesquelles nous nous reconnaissons tous. A travers le portrait de ses personnages monstres, Marion Aubert s’adresse à nous – adultes ou plutôt grands enfants -, et nous questionne sur le rapport que l’on entretien avec notre petit enfant intérieur.

Nathalie, Michel et Cléo nous invitent à assister à leurs jeux d’enfants qui deviennent progressivement des réflexions sur le monde des adultes.  Ils nous livrent ce qu’ils découvrent, ce qu’ils en comprennent. Les enfants jouent à devenir grand, les jeux d’enfants font place aux jeux d’adultes : « Qu’est-ce que c’est que d’avoir un enfant ? », «  Qu’est ce que ça veut dire vieillir ? » et  « Qu’est-ce que ça veut dire avoir la vie derrière soi ? ».

J’ai envie de toucher du doigt cette poésie de l’enfance, de tenter d’en restituer l’âme, le rythme, de travailler sur la justesse et la naïveté.  L’enfance qui est au cœur de cette écriture « trash-poétique » me passionne tout particulièrement au théâtre ; les enfants sont sans détour et d’une franchisse implacable, Il faut évoquer l’enfance sans la fabriquer, lui donner vie sur le plateau sans en déformer les contours.  Nathalie, Michel, Cléo sont des petits clowns en puissance, en proie à des drames et à des obsessions, faisant preuve tour à tour de malice, d’une grande sensibilité, d’un immense orgueil et d’une absolue cruauté. C’est sans doute pourquoi ils sont si attachants ?

De plus, cet âge d’or de la vie  renvoie tout simplement au désir de faire du théâtre, à l’essence de notre passion : faire, vivre, créer et s’exprimer sur le plateau, jouer au sens noble ! L’enfance c’est le temps où l’on joue, invente, modifie, crée, imagine sans restriction, sans filtre, sans  borne !

La créativité, le  jeu d’acteur, son pouvoir d’évocation et la simplicité des « moyens » scéniques sont le cœur  qui fait battre  la mise en scène.  Mon but est d’aller convoquer ce petit enfant acteur, qui va à la fois jouer, inventer et mettre en scène tout son petit monde. Pas d’effets spectaculaires, c’est au moyen de quelques accessoires que le spectateur navigue dans les différents univers que propose la pièce.  Une lampe de poche et nous voilà dans un grenier où l’on se raconte nos petits secrets, une « machine » à bulles et nous voilà plongé dans les vapeurs de narguilé. C’est au spectateur de combler les manques par son imagination.

NATHALIE
Aujourd’hui, nous pourrions nous rebeller contre la maîtresse

L’ENFANT PRATIQUE
Dit Nathalie fatiguée des privilèges. La prise de l’école !

MICHEL CHEF-CHEF
Oui. Nous devrions prendre la maîtresse en otage.

L’ENFANT PRATIQUE
Dit Michel Chef-Chef le chef des révolutionnaires.

NATHALIE
Oui ! On devrait demander une rançon à l’éducation nationale et puis partir !